Loi sur la chefferie coutumière et traditionnelle, Révolution Progressiste Populaire (RPP) : Razān-Naaba BelemWendé de Boudri parle sans détour Spécial

samedi, 14 mars 2026 19:43 Écrit par  M. K Infobf.net Publié dans La Une

Ce week-end de mi-mars 2026, nous avons rencontré pour un temps d'entretien, une personnalité à multiples facettes. Longtemps présent dans le débat public au Burkina Faso, c'est un homme habitué des médias. Ancien homme politique ayant occupé de hauts postes de responsabilité dans l’administration publique burkinabè, opérateur économique, il est aussi chef coutumier et traditionnel. Connu pour son franc-parler et sa liberté de ton, il s’était fait un peu plus discret ces dernières années. Progressiste dans l'âme, c'est un fervent défenseur du concept de la révolution qui sort de son silence aujourd’hui et accepte se prononcer sur des sujets majeurs de l’actualité nationale : la loi adoptée portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle et la nouvelle vision portée par le Burkina Faso depuis l’avènement de la Révolution Progressiste Populaire, sous la conduite du Président, le Capitaine Ibrahim Traoré. Lui, c'est le Razān-Naaba BelemWendé de Boudri, il s'exprime sans détour.

INFOBF.NET : Est-ce que vous pouvez mieux vous présenter à nos lecteurs ?

Razān-Naaba BelemWendé de Boudri : Je suis le Razān-Naaba BelemWendé de Boudri, je suis opérateur économique, j’ai plusieurs casquettes, j'ai été homme politique et membre fondateur de la CGT-B en 1987 reconnue en 1988 malheureusement après le leader Thomas Sankara mais, enfin, je suis aujourd'hui chef traditionnel auprès du chef de Canton de Boudri, pour lui apporter appui et accompagnement dans la bonne marche de Boudri.

Dans un passé récent vous étiez un acteur très actif de la vie socio-politique burkinabè mais depuis un bon moment, c’est le silence radio. Que s’est-il passé ? Qu'est-ce que vous devenez ?

[Rire] Je rends grâce à Dieu et aux mânes de nos ancêtres, je suis là mais effectivement je ne suis plus actif comme vous le dites, parceque moi aussi je prends de l’âge et à un moment donné de la vie, il faut savoir prendre un peu de recule et continuer avec ce que tu peux et ce que tu as. C’est ce que j’ai fait, mais tant que je peux, j’apporte toujours ma contribution à travers mon engagement qui est d'accompagner les jeunes qui ont pris la gestion du pays aujourd’hui et dont je suis véritablement satisfait et fière. Fière parce qu’à un certain moment donné de la marche de notre pays, notre « Burkinlim », notre dignité était totalement à terre. Aujourd’hui nous sommes en train de revivre encore ce « Burkinlim » d'autres fois et il faut saluer ça ! Je suis retourné à certaines activités, j’ai créé « l'Espace M'Ba Zouli Saint Joseph » et je fais aussi un peu dans l'agriculture avec un champ où on produit des céréales mais aussi du Maralfalfa, une bonne herbe pour les animaux. On fait également la pisciculture, l'élevage de porcs et l'élevage de petits et grands ruminants. Voici ce qu'on peut dire de mon actualité.

Vous parliez d’Espace M’Ba Zouli, c’est là où nous sommes présentement pour cette interview, parlez-nous-en un peu. Qu’est-ce que c’est ?

C'est vrai, vous êtes venus me trouver ici sur la sortie de Ouaga, route de Koubri, à l'Espace M'Ba Zouli Saint Joseph. C’est un espace récréatif et de repos que j’ai créé pour mettre à la disposition des populations de Ouagadougou et environnantes et ça s’appelait d'abord Saint Joseph. Par la suite j’ai pensé à y ajouter le nom de mon défunt père M'Ba Zouli qui, avec ma maman, ont travaillés à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. C'est un espace d'un hectare situé à Balkuy où vous avez deux grandes salles de conférence pour vos différentes activités, deux grandes salles de mariage ou tout autre activité évènementielle, des chambres confortables simples et VIP, une piscine, un espace VIP pour vos "B to B", une aire de jeux pour enfants, etc. En tout cas, tout pour vos sorties détentes ou de travail tout en savourant la bonne cuisine et le bonheur d’être dans un endroit un peu reculé et calme, vous procurant la joie. Voilà ce que je peux dire de ce espace, sans trop de publicité.

interview-razan-naaba-infobf.net-2 114520Razān-Naaba BelemWendé de Boudri à l'Espace de détente  " M'Ba Zouli Saint Joseph "

« Voyez-vous ? Tout ce que le Capitaine Ibrahim Traoré a prédit se précise : « Albinos noir », « Hiver noir » (...) »

 

Le Burkina Faso est engagé dans une Révolution Progressiste et Populaire depuis quelques deux ans. Tout un peuple debout comme un seul homme aux côtés de ses dirigeants, pour arracher sa souveraineté. Quel est votre regard sur cette nouvelle orientation de l'État au jour d’aujourd’hui ?

Je vous remercie. C'est vrai que je ne suis pas très ancien, mais pour ce que j'ai vécu d Président Maurice Yaméogo à nos jours, je n'ai pas vu ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. C’est tout simplement extraordinaire! Par rapport donc à la nouvelle dynamique du pays, la RPP, je dis que Sankara avait tracé les sillons. Après les quatre ans de révolution, Sankara a effectivement produit des millions de Sankara comme il l'avait lui-même prédit. Quand vous regardez un peu comment le Burkina Faso tanguait récemment, il fallait absolument qu'on retourne à une révolution pour redresser les choses et c'est ce dans quoi nous sommes actuellement. Apres Thomas Sankara, ceux qui sont venus ont tentés par tous les moyens d'étouffer ce qu'il a fait. Moi-même qui vous parles, je peux dire que j’ai été comptable de cela parce que entre-temps j’ai été maire CDP mais au même moment j’avais toujours refusé le faux et jusqu'à présent je suis très souvent en contradiction avec les tenants du pouvoir de cette époque, pourquoi ? Parce qu’on était finalement tombé dans la pagaille, la corruption, l'anarchie et c’est cette affaire de démocratie-là qui a finalement envoyé tout ce désordre. On a tout fait pour faire oublier la révolution de Sankara mais on ne peut pas effacer quelque chose qui est clair et vrai. Dieu merci, nous voilà aujourd’hui dans la RPP. C’est vrai que c’est arrivé au moment où nous autres, nous sommes un peu fatigués mais nous mettrons notre petite expérience au service de cette RPP pour accompagner ce qui est fait parceque, ce que nous n'avons pas pu faire à notre temps, c’est une fierté de voir que ce sont des jeunes qui le font aujourd’hui. Le Président, le Premier ministre et tous les autres, regardez leur âge et regardez ce qu'ils réalisent. Ce que nous n'avions pas eu le courage de dire et de faire, ils le disent et le réalisent aujourd’hui avec aisance. Qu'attendons-nous alors pour les accompagner ? Nous devons être heureux de les avoir et je voudrais profiter de cette occasion pour féliciter tous ceux qui apportent leur contribution à cette jeunesse clairvoyante. Voyez-vous ? Tout ce que le Président Capitaine Ibrahim Traoré avait prédit se précise : « Albinos noir », « Hiver noir », voici les phénomènes impensables hier et aujourd’hui se font : attaque des Etats- Unis au Vénézuela et extraction du Président, attaque en Iran, etc.

Donc cette Révolution Progressiste Populaire, il la fallait au Burkina !

Il la fallait absolument !!! Ecoutez, tout dernièrement j'étais avec une équipe d'opérateurs économiques chrétiens africains, venus ici de partout en Afrique pour un forum dans le cadre de l'Alliance catholique des hommes d'Affaires. Nous avons visité le Mémorial Thomas Sankara, il fallait les voir pleurer quand on racontait l'histoire de la révolution de Sankara. Sachez qu’ils étaient pratiquement tous de ma promotion, au moins 70 ans chacun. Ils sont fiers de ce flambeau repris depuis l’arrivée du Capitaine Ibrahim Traoré.

interview-razan-naaba-infobf.net-3 114521« La loi sur le statut de la chefferie couturière ne passait pas compte tenu de certaines mesquineries politiques de l'époque », Razān-Naaba BelemWendé de Boudri 

 

Le 14 janvier dernier, les députes de l’Assemblée législative de Transition ont, à l'unanimité, adopté la loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle. Est-ce que vous avez connaissance de cette loi ? Et qu’en pensez-vous ?

Dieu faisant, je suis aujourd’hui moi-même chef traditionnel, le Razan Naaba BelemWendé de Boudri et ce nom me va tellement bien parce que j’ai fait le tour du monde et j’ai vu beaucoup de choses. Vous savez ? j’ai été à Gambaga au Ghana avec un certain nombre de chefs traditionnels de la sous-région, j’ai été au Kenya, en Côte d'Ivoire, pour ne citer que ces pays, où j’ai pu voir comment se pratiquait et se vivait la chefferie traditionnelle et coutumière, comment elle était organisée. Oui j’ai connaissance de la loi sur le statut de la chefferie traditionnelle et coutumière et je pense qu’on aurait dû l’adopter depuis longtemps. Mais si vous voyez qu'elle ne passait pas, c'est compte tenu de certaines mesquineries politiques de l'époque. On avait amené les chefs coutumiers à devenir de machins au service de la politique politicienne. Pourtant, en tant que chef traditionnel nous étions déjà politiques mais c’est la politique politicienne qui a dénaturé et souillé la chefferie au Burkina. On ne devait pas être utilisée de façon vulgaire, au bon vent et au bon gré des hommes politiques et des partis pliques, mais c’est ce qu’on a vécu. Les chefs coutumiers devaient quitter l'arène politique et j'avais même fait de ça mon combat ! Je disais chaque fois qu'il fallait un statut clair pour les chefs traditionnels, on ne m’a pas écouté. Il a fallu le Président Ibrahim Traoré pour qu'on y arrive, je lui dis encore merci. Un chef traditionnel, c’est la rigueur, la droiture, travailler dans le sens de la cohésion sociale et non s'engouffrer dans les bassesses des compromissions comme malheureusement on le voyait ici. Je pense que même si cette loi ne va pas plaire à tout le monde, elle est à féliciter. C'est vrai, il peut y avoir des insuffisances, mais dans la réalité du terrain et de son application, ça va se parfaire, c’est une loi qui rétabli les chefs coutumiers et traditionnels dans leur dignité. Nous félicitons donc le Chef de l’Etat, son gouvernement et l’ensemble des députés, pour leur vision. Comme toute loi, elle a ses avantages et ses inconvenants et nous devons la respecter.

De ce que vous avez compris, de façon concrète, qu’est-ce l’Etat attend désormais du chef coutumier et traditionnel que vous êtes ?

Je pense que ce qu'on attend de nous, c’est que nous puissions pleinement jouer notre rôle de garant de la tradition. Loin des actions partisanes, loin des compromissions et loin de la politique politicienne. Le chef coutumier doit incarner le respect et ils étaient vraiment respectés de par le passé. Mais par la suite, à cause de leur descente dans l’arène politique, ils ont perdu ce respect. Avec la politique on a vu ici des chefs traditionnels qui ont été dépouillés de tout, parce qu’ils n'étaient pas avec le parti au pouvoir et ceci pour les contraindre à changer d’avis. Certains même n’ayant pas pu supporter le déshonneur et l’humiliation en sont morts peu de temps après et on se rappelle bien de cela. Ces situations qui ont occasionné des frustrations diverses nous ont parfois conduit dans des crises aiguës et l’un dans l’autre, on s’est retrouvé dans l’insécurité et le terrorisme. On attend donc que les chefs traditionnels occupent la place qui est la leur, qu’ils redeviennent simplement des hommes intègres, honnêtes, des hommes respectueux des valeurs ancestrales.

interview-razan-naaba-infobf.net-4 114522« Certains chefs coutumiers pensent qu'ils percevront de l'argent avec cette loi", Razān-Naaba BelemWendé 

Alors, est-ce que vous avez l'impression que le message est passé auprès de vos pairs, les chefs coutumiers et traditionnels ?

C'est vrai, vous avez raison et là aussi c'est dommage parceque ce n'est pas tous les chefs coutumiers et traditionnels qui comprennent la mesure de cette loi. Certains disent qu’il faut qu’ils soient payés. On va vous payer pourquoi et avec quoi ? Ils se basent sur des cas isolés pour faire des critiques non objectives sur la loi. Mais du moment où cette loi a été votée, il faut l'appliquer, et nous devons montrer l'exemple en suivant ce qui a été codifié. Lorsque nous serons confrontés à une situation complexe, on envisagera et je suis sûr que nos autorités n’hésiteront pas à rectifier les choses. Pour l’instant, il faut travailler à accompagner cette vision du Président du Faso parceque dans toute œuvre humaine, il y a des insuffisances, mais on peut toujours les corriger. Pour moi il faut saluer cette vision et cette volonté des autorités de vouloir accompagner la chefferie traditionnelle vers la stabilité.

Avez-vous un mot de fin ?

Je voudrais dans un premier temps vous remercier, vous et Infobf.net, pour l’opportunité que vous m’avez donnée de m’exprimer sur la vie de la Nation. Ensuite j’aimerais une fois de plus féliciter les autorités du pays avec à leur tête, le camarade Président Capitaine Ibrahim Traoré pour tous les efforts consentis afin de garantir la souveraineté du Burkina Faso. Je voudrais aussi saluer la bravoure de nos Forces de défense et de sécurité et des VDP, ces forces combattantes qui se battent sur le terrain jour et nuit pour que nous puissions vaquer à nos occupations. Sans leur engagement et leur sacrifice, nous ne serions pas là à parler de chefferie traditionnelle, ils se sont donné corps et âme pour libérer le pays de ses agresseurs. C’est ça aussi l’histoire des peuples forts, regardez l’Iran, vous savez que c’est un peuple combattant et même face aux Etats-Unis, ils ne paniquent pas. Prenons exemple sur ces pays et restons mobilisés derrière nos dirigeants pour relever les défis qui se présentent à nous, avec force, dignité et courage.

 

M. K.

Infobf.net

 

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.